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Le syndrome MPSE : "-Moi pas savoir exactement"

Le "Syndrome d’hyposommeil"

L’appellation "Syndrome d’hyposommeil" est un néologisme imaginé depuis 2007 par l’auteur du site. Il est destiné à placer le sommeil au centre de la plupart des pathologies fonctionnelles ("neurodystoniques"), rencontrées en médecine générale.
Il regroupe l’ensemble des malaises susceptibles d’apparaître à l’occasion d’un déficit d’efficacité du sommeil. Pathologies du sommeil inefficace

En pratique médicale, ces troubles sont, en dehors d’hypothèse plus satisfaisante, généralement considérés comme d’origine psychosomatique. On les appelle aussi troubles fonctionnels (douleurs inexpliquées, trouble de l’équilibre, de la digestion, de la thermorégulation...).

Selon notre hypothèse, ces perturbations du système automatique ont en réalité valeur de véritable signal d’alarme : ils apparaîtraient au stade où la personne qui résiste à la fatigue, atteint et dépasse ses capacités de résistance.
Ce signal d’alarme s’exprime à travers quatre grands tableaux que la médecine situe volontiers à la frontière entre les maladies physiologiques et psychologiques :
spasmophilie, troubles fonctionnels, fibromyalgie et fatigue chronique.


Dans notre expérience, ces maladies possèdent en commun les mêmes caractéristiques et surviennent dans un contexte de sommeil "non réparateur". En cas d’aggravation du processus, l’apparition d’une insomnie est inéluctable : "L’histoire d’un spasmophile est la chronique d’une insomnie annoncée".


Les horaires imposés, la privation de sommeil (cf. Savoir dormir) ou plus largement le stress lié aux événements de vie entraînent des perturbations des horloges biologiques qui se traduisent par une baisse de la qualité du sommeil. Comme en cas de danger, celui-ci devient plus léger (et donc moins efficace) jusqu’à ce que tout rentre dans l’ordre.
Cette réaction d’adaptation est donc physiologique et nécessaire à la survie, mais chez certains individus présentant un terrain déjà fragile, les mécanismes régulateurs peuvent décompenser.
Tout se passe alors comme si l’organisme traduisait le déficit qualitatif du sommeil à travers une multitude de symptômes de plus en plus handicapants.

(Cf l’article : Système d’alarme)
Dans notre expérience, le "Syndrome d’hyposommeil" évolue selon une succession d’étapes cliniques en apparence très polymorphes. (Cf l’article : Le train des symptômes d’hyposommeil)

En pratique, le "Syndrome d’hyposommeil" se présente sous quatre formes cliniques :
spasmophilie ;
troubles fonctionnels ;
fibromyalgie ;
et fatigue chronique.

  • La crise de spasmophilie ou « attaque de panique ».
    La peur submerge l’individu au point qu’il se sent véritablement en danger.
    Le malade peut avoir la sensation aiguë qu’un organe vital est défaillant (le cœur, le cerveau, le poumon...) et qu’il faut appeler des secours.
    À ce stade, le sommeil n’est apparemment pas perturbé. Le sujet affirme qu’il "dort heureusement très bien". Il n’est pas rare de découvrir, à l’interrogatoire, certaines modifications comportementales (siestes prolongées, sommeil déphasé) ou l’apparition récente d’une hypersomnie.

  • Les troubles fonctionnels ou "neurodystoniques".
    Ce sont des signaux douloureux ou inquiétants qui peuvent provenir de n’importe quelle partie du corps et de n’importe quel appareil.
    L’adjectif "fonctionnel" sous-entend qu’il n’y a pas de lésion identifiée (dans le cas contraire, on parlerait de troubles "organiques").
    Par exemple : les "lombalgies communes", le "syndrome d’intestin irritable", de "vessie instable", la "migraine", les "palpitations atypiques", les "vertiges de Ménières", etc..., sont des troubles fonctionnels qui apparaissent en période de surmenage.
    En apparence le sommeil n’est pas perturbé mais souvent, le sujet reconnaît être plus fatigué, se coucher plus tôt et dormir davantage que d’ordinaire.
  • La fibromyalgie.
    Ce diagnostic est évoqué lorsque les douleurs prédominent sur un mode invalidant. Le malade se réveille fourbu et utilise toute son énergie pour effectuer les gestes de la vie courante.
    Il se repose dès qu’il le peut ce qui témoigne de son surmenage. Au tout début, le sommeil n’est apparemment pas perturbé mais, au stade (souvent tardif) du diagnostic, le malade consomme généralement déjà plusieurs sédatifs.
  • Le syndrome de fatigue chronique.
    Le diagnostic est suggéré lorsque la fatigue passe au premier plan ; présente dès le réveil, elle entraîne une diminution objective de 50% de l’activité depuis plus de six mois.
    Les premières descriptions de cette curieuse "épidémie" mettaient l’accent sur le caractère brutal de l’incapacité survenant chez des sujets très dynamiques jusque là : les "Yuppies" (jeunes cadres urbains).
    Ce tableau, qui fait rechercher sans succès [1] une origine virale, est proche des conceptions américaine, japonaise ou antillaise du surmenage : "burnout", "Karoushi", ou "Blesse".
    Au début, le malade estime avoir besoin de beaucoup de sommeil, ce qui traduit en réalité une sensation d’épuisement, mais il n’a pas conscience de mal dormir.


"Comment vous sentez-vous au moment de vous lever le matin ?"


En apparence le sommeil n’est pas perturbé, mais le malade...
- affirme qu’il "dort heureusement très bien"
- reconnaît être plus fatigué et dormir davantage que d’ordinaire
- consomme des sédatifs
- estime avoir besoin de beaucoup de sommeil et être un "gros dormeur"

La question habituelle : - "Dormez-vous bien ?" est trop subjective et induit presque toujours une réponse inexacte.
En somme, cela revient à interroger un sujet dénutri sur la qualité de son appétit !

La formulation adéquate devrait être : - "Comment vous sentez-vous au moment de vous lever le matin ?"
Il y a de fortes chances, dans le contexte de troubles fonctionnels, que l’on obtienne une réponse moins équivoque : "- Je suis fatigué à un niveau tel que je ne le souhaiterais même pas à mon pire ennemi !".


La poursuite de l’interrogatoire recherchera des signes évocateurs d’un sommeil inefficace :
sommeil non réparateur, fractionné, stress et troubles fonctionnels sont des plaintes en rapport avec la fatigue.

  • Les premiers signes de fatigue :
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    "Mort, vidé, épuisé, ... à deux d’tens ..." mais pas somnolent !
    • - difficulté à se lever le matin, malgré un sommeil normal et un éveil spontané avant le réveil-matin
    • - besoin de se reposer dans la journée tout spécialement vers 18-20h [2]
    • Réduction des activités physiques et des loisirs
  • Des comportements destinés à prolonger le sommeil :
    • - grasse matinée les jours de repos
    • - en essayant de faire la sieste durant la journée
    • - en se couchant plus tôt (au point de renoncer aux sorties)
  • Des conditions environnementales éprouvantes :
  • Des signes de fragmentation du sommeil avec des réveils involontaires :
    • - réveil spontané mais trop tôt le matin, avec la sensation de devoir encore dormir,
    • - pour boire au cours de la nuit (présence systématique d’une carafe près du lit),
    • - pour aller uriner au cours de la nuit (régulièrement plus d’une fois) [3],
    • - par inconfort thermique (chaleurs, sueurs, frilosité),
    • - par inconfort physique (malaise, sensation d’étouffement, crampe...)
    • - pour s’occuper du chat (sic)...
  • Co-existence (quasiment constante) de plusieurs autres troubles fonctionnels pour lesquels la personne retient souvent une théorie assez peu convaincante de type "fragilité constitutionnelle" : "fragilité" du dos, du nez, de la gorge, des oreilles, de l’intestin, de la tension, de la glycémie...
  • Présence (très fréquente) d’antécédents médicaux aigus proches de la panique, résolus spontanément sans explication véritablement logique. (Cf. "Spasmophilie")
  • Climat (habituel) de suspicion au sein de la relation médecin-malade : un grand nombre de ces malades se considèrent incompris par le corps médical.

Et la somnolence ?
La somnolence n’est pas un symptôme du syndrome d’hyposommeil. (Nb. Lorsque c’est le cas, il faut pratiquer un enregistrement du sommeil à la recherche d’un trouble organique. Voir l’article "Arbre diagnostic de la somnolence excessive. [4] ).

Lire aussi l’article du site : "Fatigue ou somnolence ?".


Faux-malades ou Vrais-malades ?


Compte tenu de la normalité des résultats aux examens complémentaires, et en l’absence de prise en compte de leur sommeil, ces authentiques malades deviennent, aux yeux du corps médical, des "faux malades", des "malades imaginaires", "hypocondriaques", "anxieux" voire "dépressifs".
(C’est probablement une des raisons de la surestimation des dépressions en France, pays très consommateur de la "pilule du bonheur").
Nous les appellerons ici "Pseudo Faux-Malades".

À force d’être déçu par ses médecins, le malade se tourne, par dépit, vers les pratiques alternatives illusoires. Compte tenu de l’évolution naturellement fluctuante de ses symptômes, il a le sentiment d’y trouver une réponse.
Le pouvoir addictif des sédatifs (sevrage difficile) est tel qu’on les retrouve même souvent en "complément" d’un traitement par ailleurs "100% naturel".
à terme, la cause des symptômes persiste et le sujet reste malade, mais il lui est devenu impossible d’exercer son sens critique et de faire la part des choses entre ses traitements allopathiques et ses croyances alternatives.

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Dialogue de sourds ou langue de bois
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La force de la relation médecin-malade


À l’inverse, il n’est pas rare que la multiplication des examens complémentaires et des avis spécialisés conduit à la découverte fortuite d’une quelconque anomalie objective.
Cet élément devient alors le point de départ d’une réflexion destinée à poser un diagnostic (sensé délivrer une explication à la plainte du patient).
Cette "maladie" qui satisfait enfin au besoin de reconnaissance qu’a le malade (et le médecin) va mobiliser tous les soins malgré le fait que le trouble initial persiste.
Ce sont les "Pseudo Vrais-Malades", ceux qui acceptent leur maladie en consommant en pure perte de nombreux remèdes allopathiques ou homéopathiques... produisant tous le même effet.
En général, la sensation de fatigue persiste et conduit à l’apparition d’un nouveau signal d’alarme (inquiétant et handicapant) qui donne lieu à un nouveau "parcours de santé" qui, lui-même, peut entraîner d’autre diagnostics (et d’autres complications), etc.

Lire l’article "Signal d’alarme de la fatigue".
Lire l’article "Le train du syndrome d’hyposommeil".

Conclusion

Le néologisme "syndrome d’hyposommeil" permet de placer le sommeil au centre de la plupart des pathologies fonctionnelles couramment rencontrées en médecine générale.

Il existe malheureusement de nombreuses raisons qui concourent à sous-estimer son importance réelle, car la réflexion médicale actuelle ne prend pas assez en compte les notions d’efficacité du sommeil et de chronobiologie.
Ce malentendu présente deux inconvénients majeurs : il est inutilement coûteux pour la collectivité et souvent inutilement risqué pour le patient.
1)- Les "principes de précaution et d’obligation de moyens" vis à vis des problèmes de santé en rapport avec la fatigue suscitent des dépenses considérables en pure perte.
2)- La multiplication des bilans diagnostiques expose les malades à un risque iatrogène [5] important car l’escalade des moyens mis en jeu pour tenter de comprendre ou traiter leur maladie n’est pas sans danger. Ainsi, il est frappant de constater que le parcours médical des "sans papier de la médecine" (qui cumulent, en apparence, de très nombreuses pathologies), est émaillé de toutes sortes de complications médicales (intolérances, allergies, surdosage...).

- Ces deux faits ont pour conséquence pour les malades le risque de dérive vers les médecines alternatives qui séduisent par leur innocuité apparente.

Au total ... La "somnicologie"

La reconnaissance du concept de "syndrome d’hyposommeil" permettrait selon nous d’appréhender de manière plus juste la plupart des symptômes, encore qualifiés de « psychosomatiques », en les considérant comme la manifestation d’un trouble chronobiologique du sommeil.
Ainsi, nous proposons ici d’utiliser l’adjectif « somno-somatiques » pour qualifier ces symptômes.
Lire l’article "Néologismes pour le site".

Face à un problème de migraine par exemple, une fois qu’a été fait un premier bilan médical de base, il nous paraît plus pragmatique de centrer la réflexion sur les horloges du sommeil, que de renouveler sans fin des explorations complémentaires à la recherche d’une lésion improbable... (ou pire, de proposer un "tranquillisant" pour mieux supporter le fameux "excès de stress").

Dans notre expérience, la prise de conscience du rôle central du sommeil dans la genèse de son problème de santé permet au malade de devenir l’acteur de sa guérison.
La parfaite connaissance des règles d’hygiène du sommeil devrait être à la base de la prise en charge de ces troubles : « la seule façon de guérir le sommeil, c’est comprendre le sommeil ».

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Pour en savoir plus, lire aussi les articles connexes sur le site :
- "Savoir dormir" (quatre points-clés à comprendre... avant d’agir)
- "Apprendre à dormir" (consignes générales)
- "Apprivoiser le sommeil" (résumé des sept principes à appliquer en cas d’insomnie)

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Un bon dormeur se couche en confiance et se réveille en forme ! "La santé est un état de total bien-être physique, mental et social et ne consiste pas seulement en l’absence de maladie ou d’infirmité." 1946, Organisation Mondiale de la Santé.

"Smg" a élaboré un questionnaire interactif pour le dépistage des signes en rapport avec un éventuel trouble du sommeil : "Cliquez sur les propositions par lesquelles vous vous sentez concerné(e)"... "Vos réponses sont compatibles avec le (les) problème(s) suivant(s)... Vous devriez évoquer ces questions avec votre médecin"...

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P.-S. 
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Quelques liens externes pour en savoir plus...

Notes

[1] Jusqu’à présent, toutes les hypothèses virales, longtemps mises en avant, ont été écartées. Mais fin 2009, un article de la très sérieuse revue "Science" relance le débat autour d’un rétrovirus connu chez l’animal et qui serait présent chez une majorité de malades.
La forme humaine de ce virus est baptisée "Xenotropic Murine leukemia Related Virus" (XMRV). Voir sur le Forum du site.

[2] La période 18-20h correspond à un moment du nycthémère où l’organisme est normalement au mieux de sa forme physique et psychique.
Cf. "Régulation du rythme veille/sommeil").

[3] Il existe un bon marqueur de la désorganisation fonctionnelle du sommeil : c’est la fréquence des besoins d’uriner durant la nuit. Dans notre expérience, ce signe anormal se retrouve systématiquement. Au début de la maladie, le sommeil semble correct si ce n’est le besoin de se lever pour boire ou uriner plusieurs fois durant la nuit. Cette augmentation de la diurèse nocturne est la conséquence de l’effondrement d’un système "anti-diurétique" normalement très actif durant les phases de sommeil profond. Tout se passe comme si la nature avait prévu de respecter le sommeil des bons dormeurs en adaptant la diurèse à la taille de la vessie.
En cas de mauvais sommeil, les reins produisent plus d’urine que la contenance vésicale ne peut en accepter sur la durée du sommeil. Cette "pollakiurie nocturne" est aussi très visible chez les ronfleurs pathologiques (elle constitue un "signe d’appel" bien connu des somnologues).
Parfois, ce trouble est imputé, à tort, à une hypertrophie prostatique chez l’homme et à une "vessie instable" ou "trop petite" chez la femme... En l’absence d’éléments objectifs (exploration hémodynamique fiable), ces explications "ad hoc" sont révélatrices d’une méconnaissance des mécanismes du sommeil.

[4] La somnolence diurne excessive peut se mesurer sur des échelles d’auto-évaluation.
Cf. (en téléchargement format Pdf) Deux questionnaires d’évaluations de la somnolence .
- Échelle de somnolence d’Epworth ;
- Échelle de Somnol-enfance°.

[5] "Iatrogénique" : (Iatros en Grec : Soignant) qui induit des complications en rapport avec un soin (Cf. glossaire du site).




Auteur | Contact | Copyleft | Traductions | derniere modif 21 novembre 2011.