Sommeil et médecine générale
Recherche dans le site

Echelle d’Epworth

Échelle d’Épworth (John), "a new method for measuring daytime sleepiness : the Epworth Sleepiness Scale" (Sleep 1991 ; 14:540-5)


Échelle de somnolence d’Épworth : "une nouvelle méthode pour mesurer la somnolence diurne". (Sleep 1991 ; 14:540-5) [1].


Avertissement au lecteur :
Dans notre expérience, certaines versions de l’échelle d’Epworth introduisent deux sortes de biais qui conduisent parfois à une surévaluation du score auto-mesuré :
-d’une part, le sens exact du verbe "somnoler" est parfois mal interprété : l’envie de se reposer par fatigue n’est pas du tout la même chose que de devoir lutter pour rester éveillé !
-d’autre part, il faut bien insister dur le fait qu’on observe ici huit situations diurnes. Par exemple, s’endormir devant la télévision dans la soirée n’est pas forcement un signe de somnolence excessive.
Ces deux biais prennent une grande importance chez les personnes insomniaques qui souffrent parfois d’une fatigue si ancienne qu’elles en viennent à confondre leurs "coups de barre" avec de la réelle somnolence, un peu comme s’il se produisait un véritable daltonisme des sensations.

Nous utilisons également une échelle plus adaptée, selon nous, aux caractéristiques particulières du sommeil chez l’enfant et le jeune adolescent. Cf. Échelle de "somnol-enfance".


"Mesurez votre niveau de somnolence ..."


    La somnolence est la propension plus ou moins irrésistible à s’endormir.
    NB : Ce sentiment est très distinct de la sensation de fatigue qui oblige à se reposer (Cf. "Fatigue ou Somnolence") mais pas nécessairement à dormir. (Par exemple, les récréations à l’école ne sont pas destinées à faire la sieste).

    Le questionnaire suivant aide à mesurer son niveau général de somnolence dans la journée.

    Les réponses sont corrélées à une échelle validée appelée "Échelle d’Épworth" (Épworth Sleepiness Scale ; ESS).
    Cet outil d’évaluation est utilisé par les spécialistes du sommeil dans le monde entier.

    Chaque item décrit huit situations dans la journée où il est plus ou moins possible de s’endormir (de "tomber dans le sommeil").
    Tâchez d’évaluer la probabilité pour que vous vous assoupissiez ou vous endormiez au cours de cette activité.

    Si vous n’avez pas fait certaines de ces choses récemment, imaginez comment vous estimez qu’elles vous affecteraient.


    Attention, cette échelle n’est pas destinée à établir un diagnostic, c’est simplement un outil pour vous aider à identifier votre niveau personnel de somnolence diurne.

    Utilisez la cotation suivante pour évaluer la situation la plus appropriée à votre cas :

    • 0 : Je ne somnolerais pas, c’est exclu ;
    • 1 : Il y a un petit risque que je somnole, ce n’est pas impossible ;
    • 2 : Il pourrait m’arriver de somnoler, c’est probable ;
    • 3 : Je somnolerais à chaque fois, c’est systématique.

      Pensez vous être susceptible de vous endormir dans les situations suivantes ?

    • Assis en train de lire. 0 / 1 / 2 / 3
    • Devant la télévision ou au cinéma. 0 / 1 / 2 / 3
    • Assis inactif dans un lieu public (salle d’attente, au théâtre, en congres). 0 / 1 / 2 / 3
    • Assis comme passager pour un trajet d’une heure sans interruption (train, auto, avion ?). 0 / 1 / 2 / 3
    • En position allongée pour une sieste dans l’après-midi lorsque les circonstances le permettent. 0 / 1 / 2 / 3
    • En position assise au cours d’une discussion (ou au téléphone) avec quelqu’un. 0 / 1 / 2 / 3
    • Au volant d’une voiture immobilisée depuis quelques minutes dans un embouteillage. 0 / 1 / 2 / 3
    • Tranquillement assis à table à la fin d’un repas sans alcool. 0 / 1 / 2 / 3

    Si le total est supérieur à 8 (sur 24), vous souffrez peut-être de somnolence diurne excessive.
    Vous devez envisager sans tarder de discuter de ces résultats avec votre médecin.

    Nb : La première cause de la SDE est le syndrome comportemental d’insuffisance de sommeil.
    Il serait en cause dans 25 % des cas de somnolence excessive, mais c’est une pathologie encore largement sous-estimée.

    Télécharger sur le site deux questionnaires d’évaluations de la somnolence (format Pdf).
    - Échelle de somnolence d’Epworth ;
    - Échelle de Somnol-enfance-ProSmg ;

    Nda.

    L’établissement d’un Agenda Veille-Sommeil
    pendant quelques semaines pourra vous aider à observer votre rythme de vie et à identifier certains comportements qui pourraient contribuer à votre somnolence.
    Télécharger l’Agenda Veille-Sommeil-ProSmg 2011

    La SDE est objectivée en laboratoire du sommeil par les Tests Itératifs de Latence d’Endormissement (TILE ou, pour les adeptes des sigles anglo-saxons : MSLT -Multiple Sleep Latency Test-).

    L’application d’un arbre décisionnel de la somnolence conduira éventuellement votre médecin à effectuer des examens complémentaires, jusqu’à l’établissement d’un diagnostic.
    Il existe un traitement approprié pour la plupart des cas de SDE alors que les statistiques récentes (Sofres pour ISV de fevrier 2007) révèlent que 17 % des Français sont somnolents et s’endorment dans de multiples circonstances pathologiques.

    Le Plan Action Sommeil, mis en place par le ministère de la santé pour 2007, vise à mieux dépister la somnolence diurne excessive par l’utilisation plus systématique de l’échelle d’Epworth.
    Selon nous, l’efficacité de ce dépistage repose sur la bonne distinction entre la fatigue et la somnolence.
    L’indication ou la contre indication de la sieste est au centre de cette distinction.

    Compte tenu de cette confusion encore trop fréquente, il nous paraît un peu illusoire de lancer (Cf Doc. [2]), une "grande enquête sur la sieste au travail"...
    La question qui se pose est la suivante : cette confusion entre la somnolence et la fatigue ne va-t-elle pas cautionner la somnolence en préconisant la sieste et inversement aggraver l’insomnie ?

    - Voir l’article "Fatigue ou Somnolence ?".

    - Télécharger (format Pdf.) deux outils d’évaluation de la fatigue :
    - Échelle de fatigue de Pichot ;
    - Échelle de fatigue de ProSmg.

    P.-S. 
    JPEG - 1.6 ko
    Quelques liens externes pour en savoir plus...

    Notes

    [1Version Anglaise : Sleep Foundation.org, Johns MW, "a new method for measuring daytime sleepiness : the Epworth Sleepiness Scale"]

    [2Comme le souhaitait le Ministre en période pré-électorale.
    Voir Plan Action Sommeil 2007




    Auteur | Contact | Copyleft | Traductions | derniere modif 20 juin 2011.