Sommeil et médecine générale
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Fibromyalgie

« La plus grande partie du corps ne parle que pour souffrir... ...Silence bienheureux des machines qui marchent bien. »
Paul VALÉRY (Cahiers I, Bibliothèque de la Pléiade, 1973)


La fibromyalgie est une pathologie musculo-squelettique chronique qualifiée de « fonctionnelle », caractérisée principalement par des douleurs diffuses, invalidantes et médicalement inexpliquées. Des études récentes tendent à rapprocher la fibromyalgie et le syndrome de fatigue chronique qui pourraient partager un mécanisme physio-pathologique commun.

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Le "masque" de la douleur
  • La fatigue passe, ici, souvent au second plan. Elle résulte, selon le malade, de la difficulté à vivre le quotidien malgré des douleurs (de type aiguille ou brûlure) en provenance de n’importe quelle partie du corps.
  • La "clinophilie", ce besoin d’être allongé pour se reposer dès que possible, conduit tôt ou tard à l’insomnie.
  • Les statistiques font état d’une maladie à 80% féminine d’apparition tardive (35-40 ans) et qui toucherait 2 à 3% de la population.
    Selon nous, ces chiffres sous-estiment l’existence de formes masculines et infantiles qui échappent aux critères médicaux actuels de recrutement.
  • La fibromyalgie évolue pendant des années avec un fond douloureux permanent entrecoupé de crises entraînant souvent une gêne fonctionnelle importante.
    Pour autant, selon la Société Française de Rhumatologie, sa fréquence diminue de manière notable après 60 ans pour devenir exceptionnelle après 70 ans". (
    Nb : Dans notre expérience, nous constatons qu’il s’agit d’une maladie qui frappe des sujets très volontaires et les personnes qui restent "vertes" à un âge plus avancé sont malheureusement susceptibles de souffrir -en silence- bien au delà ...).

Les limites nosologiques et la réalité même de ces pathologies (situées au frontières du corps et de l’esprit et volontiers considérées par certains comme "psycho-somatiques") restent discutées.
Nous pensons que les notions d’efficacité du sommeil et de chronobiologie sont susceptibles d’apporter un éclairage original sur ces problèmes complexes qui mettent régulièrement en échec la relation médecin-malade.
Cette hypothèse somnologique conduit à proposer une prise en charge intégrée de la fibromyalgie.


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Principaux points anormalement douloureux à la pression

- Définition
- Mécanisme physiopathologique
- Hypothèse étiopathogénique
- Traitement
- La « prise en charge »

Définition


Un des meilleurs critères diagnostiques de la maladie repose sur la présence d’une plainte de douleurs chroniques et invalidantes (avec handicap) mais qui contraste avec l’absence persistante de diagnostic après au moins trois avis médicaux différents sur une durée d’au moins trois ans.
(Ce critère 3x3 élimine, en effet, la majorité des maladies potentiellement graves comme la sclérose en plaques ou les cancers par exemple).

Au total il s’agit de malades qui souffrent souvent de partout et depuis très longtemps sans avoir l’impression d’être pris au sérieux.

Le tableau est connu des médecins rhumatologues depuis 1904 sous le terme de « rhumatisme musculaire ». Malgré l’absence de moyens modernes d’exploration, force leur était de constater que cette forme de rhumatisme n’évoluait pas vers l’aggravation avec les déformations qui caractérisaient les autres maladies. (On dit que ce sont "les malades qui enterraient leur médecin").


Les premières descriptions cliniques du "Syndrome Polyalgique Idiopathique Diffus" (1970 : le SPID) ont mis l’accent sur l’existence de points douloureux (en nombre et sièges bien précis), contrastant singulièrement avec l’absence d’explications médicales et ce, malgré de nombreux bilans.


De par son coût et sa survenue dans les sociétés industrielles, la fibromyalgie a fait l’objet d’études très poussées mais on ne lui reconnaît pas encore de cause officielle.
Nous pensons que le rôle du sommeil a été sous-estimé dans les recherches actuelles. Pourtant, on ne peut pas nier la présence d’un sommeil inefficace et la difficulté que représente le moment du réveil chez ces malades.


L’hypothèse du "syndrome d’hyposommeil" stipule qu’une perturbation des mécanismes du sommeil pourrait être à l’origine du dérèglement du système de la douleur.
Selon notre théorie, la maladie apparaît à un stade où la seule volonté du sujet ne parvient plus à compenser la fatigue. (Cf. "Arrêt d’Urgence").

Facteur déclenchant ? L’entrée dans la maladie se fait souvent sur un mode de décompensation brutale à l’occasion d’un évènement particulier selon le principe de la goutte d’eau qui fait déborder le vase.
Le sujet (ou son médecin) met en avant un traumatisme physique (accident de la voie publique, par exemple), une infection (grippe, vaccin ...), une opération (rôle du jet-lag anesthésique [1]) ou un traumatisme psychologique (décès, divorce, chomage ...).
Voir l’article "Sress et Évènement de vie".

Voir l’article sur le "Syndrome d’hyposommeil".


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Critères diagnostiques


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Trois précisions importantes :


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Mécanisme physiopathologique

P.-S. 
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Pour en savoir plus ...

Notes

[1] On vient de mettre en évidence qu’une anesthésie générale de brève durée induit un jetlag prolongé.
"Bien que les produits utilisés soient aujourd’hui éliminés très rapidement, de nombreux patients se plaignent de troubles du sommeil et d’une grande fatigue pouvant persister jusqu’à cinq jours ..."
" Communiqué de presse du CNRS , 8 juin 2006, Dr Laure Pain . En pratique, cet effet (souvent majoré par l’utilisation de benzodiazépine), peut conduire à la décompensation d’une insomnie sous-jacente.

[2] La iatrogénie ou l’adjectif iatrogène s’emploient pour désigner : " toute conséquence indésirable pour la santé de tout acte médical visant à la préserver". Cf Glossaire

[3] Pour exemple des ambigüité qui existent à propos des dosages thyroïdiens, ce témoignage recueilli sur le blog "Santé AZ.aufeminin.com" :
" je suis tombée sur une super endocrino qui m’a expliqué le truc par le menu... en fait il semblerait qu’avec notre sensibilité de femmes on se fait trop de bile... quand on s’énerve trop, trop de stress, on sur-stimule la thyroide... jusqu’à risquer la crise de nerfs ou la crise cardiaque... quand le cerveau trouve qu’on en fait trop et qu’on se met en danger : il dit stop et déclenche cette maladie infame qui consiste à nous bouffer les hormones thyroïdiennes pour qu’on se calme... on devient hypothyroïdienne et là c’est sûr on se calme... on devient même raplapla et c’est insupportable... en général on reçoit juste de la thyrosine de synthèse (levothyrox) pour surmonter le côté raplapla et retrouver le moral, avec un sermon sur la nécessité d’apprendre à se calmer si on ne veut pas finir avec la crise cardiaque annoncée (phases d’hyperthyroidie = tachycardie...)
Voila, tu sais le gros... si on ne t’a pas donné de levothyrox, c’est que ton endocrino est vieux jeu et essaye de te remonter avec des bons vieux fer calcium magnésium... autrement dit pas grand chose. Mais tes données cliniques sont peut-être encore très bonnes ! C’est à progression assez lente."

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[4] La majorité (2/3) des patients fibromyalgiques appartiennent à une famille dont les membres ont eu des antécédents anxiodépressifs et présentent des anomalies aux tests d‘évaluation psychologique (tels l’échelle de Beck ou le MMPI -Minnesota Multiphasic Personnality Inventory- ).
Pour autant, il est bien établis qu’en réalité les perturbations retrouvées sont identiques à celles observées dans les autres états douloureux chroniques et de nombreuses études attestent que la majorité des patients fibromyalgiques n’a pas de profil particulier psychiatrique.
Le Pr Blotman (Rhumatologue à Montpellier) relève tout au plus une tendance à la victimisation et un important besoin de reconnaissance de leur souffrance : « personne ne me comprend ni m’écoute », ce qui apparaît bien légitime et l’expression "sans papier de la médecine" souligne cette carence de la part des médecins).
Le Pr Giniès (Centre anti douleur de Montpellier) souligne chez ses patients un profil hyperactif préexistant avant l’émergence de la pathologie : " c’est une femme ( ? Nda) surmenée et ne respectant pas les horloges biologiques naturelles notamment du sommeil". Il met l’accent sur une "possible intolérance au stress des sociétés modernes".
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[5] EULAR : European Leagues Against Rheumatism Ligue Européenne Contre le Rhumatisme


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