« Platon veut plus de mal à l’excès du dormir qu’à l’excès du boire » (Montaigne).
Syndrome de Fatigue Chronique : Une maladie invisible du sommeil : "se réveiller plus fatigué que la veille".
Le Syndrome de Fatigue Chronique (SFC) est un tableau clinique associant depuis au moins six mois :

Le diagnostic repose sur l’absence de pathologie sous-jacente pouvant expliquer le tableau. Un bilan complet (clinique, biologique, radiologique et psychologique) doit être pratiqué au moins une fois. Il permet d’éliminer les maladies infectieuses (HIV, hépatite) ou auto-immunes (sclérose en plaque, polyarthrite, lupus...), les maladies métaboliques (diabète, dysthyroïdie) ou les troubles psychiatriques (dépression, conduites addictives, dépersonnalisation, conversion...).
Parfois, le début de la maladie coïncide avec un épisode d’allure infectieuse (impression de fièvre, ganglions douloureux...) à tel point que les premières descriptions évoquaient la responsabilité d’un virus (du type de la mononucléose), d’où son nom de grippe des « Yuppies » [1], ou de patraquerie brucellienne [2], ...)
Mais aucune de ces hypothèses n’explique la persistance de la maladie au-delà de 6 mois en l’absence de toute perturbation clinique ou biologique franchement significative.
Nb. De récentes publications scientifiques semblent relancer l’hypothèse d’une composante infectieuse, depuis la découverte d’un nouveau rétrovirus humain (XMRV).
Lire sur ’Agence de Presse Médicale (APM Media).
8 octobre 2009 - "Le rétrovirus XMRV (Xenotropic Murine Leukemia virus-related Virus), récemment observé dans le cancer de la prostate, semble lié au syndrome de fatigue chronique, sans que l’on sache s’il existe un lien de causalité, selon une étude publiée jeudi dans le magazine Science".
Nb. À ce jour, il n’y a pas eu de confirmation, et la fiabilité de ces études est remise en cause.
Remarque : l’analogie clinique du SFC avec le Syndrome de la guerre du Golfe (qui ressemble lui-même au Syndrome des Balkans), est troublante (Cf. les docs en bas de page).
On peut probablement en rapprocher également le « Karoushi » (manifestations du surmenage au Japon) ou le « burn-out syndrom » des anglo-saxons. (Cf. "Burnout et Karoushi".
Les origines (voire la réalité) de la maladie restent encore très controversées mais les congrès récents de rhumatologie multiplient les publications sur des perturbations objectives de certains neuromédiateurs du sommeil et des voies de la douleur.
Selon notre hypothèse, le SFC est une des formes cliniques du « syndrome d’hyposommeil » et présente des liens étroits avec la « spasmophilie » (ou tétanie) ou la fibromyalgie.

Pour les auteurs les plus récents, il est logique de rapprocher le syndrome de fatigue chronique et la fibromyalgie.
La gestion de la fatigue passe par une parfaite connaissance des règles d’hygiène du sommeil.
En réalité les études récentes tendent à rapprocher le Syndrome de Fatigue Chronique et la Fibromyalgie. Il pourrait s’agir de deux variables cliniques d’un même tableau.
Certains auteurs s’attachent à distinguer des sous-groupes selon le type de symptôme. (Cf. Conférence de consensus)
Nous pensons que la perturbation initiale du sommeil est le dénominateur commun des différentes formes d’expressions de la fatigue.

Les principales différences entre les « deux maladies » proviendraient surtout de la spécialité du médecin consulté :
- Le rhumatologue, le spécialiste de la douleur ou le somnologue évoque la fibromyalgie ;
- Le neurologue connaît mieux le Syndrome de fatigue chronique ;
- Le psychiatre penche pour des troubles anxiodépressifs ;
- De la même façon, pour les urgentistes, la « spasmophilie » (ou tétanie) (qui est un des motifs d’appel le plus fréquent) est généralement considérée comme un problème de nature "psy".
Un malentendu récurrent...
En pratique, les patients reprochent aux médecins cette attitude peu gratifiante pour eux : souvent on leur délivre un sédatif ("un quart de lexo") et des paroles rassurantes ...
Parfois (par désir mutuel de trouver une solution), il semble plus rassurant d’invoquer une quelconque explication ad hoc. Cela permet la prescription d’un remède.
Mais on ne peut en attendre, au mieux, qu’un effet placebo (donc provisoire).
Le magnésium, par exemple, à longtemps rempli cette fonction. Il existait une large gamme de produits "utilisés dans les états de fatigue".
Parfois, le malade se tourne avec plus de succès vers d’autres médecines dénommées, à juste titre, "alternatives".
Leurs résultats ne sont souvent qu’affaire de mode mais une partie de leur succès provient du fait qu’elles contribuent à apaiser la blessure narcissique de celui qui n’accepte pas le diagnostic de "malade imaginaire" (Cf. le "Pseudo faux malade").
Évolution :
Les malades qui ne trouvent pas un meilleur équilibre de sommeil se retrouvent parfois handicapés pour le moindre effort au point d’être mis en invalidité ou de choisir d’arrêter de travailler.
Mais l’évolution à long terme est malgré tout souvent rassurante !
Avec le temps ...., « l’arthrose », la colopathie, les vertiges, le lumbago, la migraine et les acouphènes... tous ces symptômes (pourtant si invalidants jadis) ne font petit à petit plus parler d’eux.
Comme pour la fibromyalgie (parfois réputée inguérissable), le syndrome de fatigue chronique est, malgré tout, de bon pronostic et s’amende à long terme.

Contrairement à l’ensemble des autres maladies dégénératives (diabète, artériosclérose, polyarthrite ...) qui deviennent de plus en plus invalidantes avec l’âge
Contrairement aux maladies psychiatriques qui sont souvent marquées par des rechutes à l’interruption du traitement ;
Tout se passe comme si la personne devenue très âgé, cessait enfin de se battre contre elle-même.
Quand le corps est si vieux qu’il a juste assez d’énergie pour continuer à vivre malgré la fatigue, la vraie, celle de l’usure du temps...
[1] L’acronyme vient de l’anglais : Young Urban Professional ou "Yup", transformé familièrement en "Yuppie" dans les années 80.
Le Yuppie’s syndrome désignait une des premières formes décrites aux USA du syndrome de fatigue chronique (1988).
Le terme : grippe suggérait une origine virale à cette curieuse épidémie qui frappait soudainement d’épuisement de nombreux cadres dynamiques américains.
Ces publications venue d’Amérique laissaient croire que ce mal mystérieux affectait seulement de jeunes adultes très compétitifs formés dans les hautes écoles, ou des "golden boys" fortement axés sur leur carrière, On sait maintenant que le SFC touche des personnes de tous âges et de tous milieux.
[2] Le terme de patraquerie brucellienne désignait les signes d’une infection par la brucellose : fatigue et troubles fonctionnels tels qu’ils pouvaient conduire à faire pratiquer une psychothérapie lorsque les symptômes invoqués semblaient amplifiés par une note subjective.
Le malade se plaint de fatigue physique, psychique et sexuelle, troubles du caractère, douleurs musculaires, névralgiques ou ostéo-articulaires, sueurs au moindre effort.
L’examen est normal...
[3] Un peu "d’ethno-fibromyalgie" ?
En Guadeloupe , il est une maladie mystérieuse pour le corps médical et bien connue de la population des régions reculées de la côte sous le vent.
C’est la "BLESSE" qui frappe les victimes d’un traumatisme parfois en apparence anodin (la grippe, un accident, une dispute...) mais qui est le point de départ d’un syndrome très proche de la fibromyalgie.
"Docteur, tout mon corps me fait mal et j’ai un "gaz" qui monte dans ma tête et descend dans mon estomac... Et je me sens lasse ! Même, même, même, même, même !"
Comme pour la fibromyalgie ou la fatigue chronique, les bilans à l’hôpital ne servent à rien dans ce tableau qui n’est pas un "bitin pour docteur" et il faut se tourner vers le sorcier (Kimboiseur) pour tâcher de soigner cette "maladie à Bon Dieu" avec les massages et les "kimbois" (magie) du "frotteur de blesse" ...
En général, ce "traitement" est assez douloureux et les kimbois coûtent plutôt cher mais "il faut bien "kimmbé raid" (tenir bon)".
Kimmbé Raid moun Guadloup, ni un jouw ça ka finiw !!
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