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Somnolence Diurne Excessivesamedi 7 juillet 2007


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Une véritable urgence

"Pouvoir" dormir : ne pas être somnolent, pouvoir maintenir une vigilance suffisante durant la journée.
La Somnolence Excessive serait impliquée directement dans un tiers des accidents mortels sur autoroutes.
Cette pathologie qui pose un grave problème de santé publique reste encore largement sous diagnostiquée.

On distingue quatre conditions pathologiques responsables de somnolence excessive :

  • Le sommeil est il insuffisant par privation ?
  • Le sommeil est-il empêché par une maladie extérieure ? (Le ronflement ?)
  • Le besoin de sommeil est-il excessif ?
  • Le sommeil est-il dégradé par une parasomnie ? (une pathologie intrinsèque au sommeil, comme le somnambulisme ...).

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Le baillement, un signal fort

- Somnolence physiologique pour une petite sieste devant la TV ?
- Somnolence excessive pendant les cours, dans le bus ou chez le coiffeur... ?
- Somnolence pathologique (aux conséquences dramatiques) sur l’autoroute ... ?

NB : Ce sentiment est très distinct de la sensation de fatigue qui oblige à se reposer (Cf. "Fatigue ou Somnolence") mais pas nécessairement à dormir.
Autrement désignée sous le terme "Excès de Sommeil", la SDE est le premier des signes évocateurs d’un trouble du sommeil.

Il faut donc savoir discerner ce que signifie un symptôme aussi banal que la sieste ou la "faculté" de s’endormir "à la demande" et ne pas sous-estimer la somnolence excessive dont les conséquences peuvent être graves.
L’utilisation des examens complémentaires selon un "arbre décisionnel" doit conduire au diagnostic étiologique d’une SDE
L'arbre décisionnel qui doit conduire au diagnostic (JPG)
La somnolence se dépiste à l’aide des questionnaires d’auto-évaluation du type de l’échelle de somnolence d’Epworth.

La confirmation d’un excès de somnolence diurne impose un diagnostic.

L’enquête clinique et les examens complémentaires doivent permettre de comprendre la raison pour laquelle le sujet n’arrive pas à satisfaire ses besoins de sommeil.


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Trop de TV ?

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  • Le sommeil est-il INSUFFISANT ?

    L’insuffisance de sommeil est la principale cause de somnolence diurne et concerne 10% de nos contemporains.

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    Trop de travail ...

    L’interrogatoire, complété éventuellement par l’observation d’un agenda (Cf."Agenda Veille-Sommeil", permet souvent de mettre en évidence les principales erreurs d’hygiène du sommeil qui "empêchent" son bon déroulement :

    • À la suite de privations volontaires de sommeil d’origines diverses souvent ludiques (société des loisirs).
    • Parce que l’environnement du dormeur est incompatible avec le sommeil (surtout chez le petit enfant : la télévision, les frères et soeurs ...), problèmes de bruit (promiscuité), température, couchage ...
    • Lors de "quiproquos" concernant l’hygiène du sommeil (horaires décalés) aboutissant à des décalages des périodes de sommeil en dehors des heures normales et la constitution de dettes de sommeil.Cf "Décalage de Phase"
      L’observation des rythmes de vie sur un agenda aident à corriger les comportements contre performants.

      Nb : les signes de fatigue comme la clinophilie (besoin de s’allonger pour se reposer) ne sont pas toujours dépendantes du niveau de somnolence et occasionnent des erreurs comportementales, aux conséquences chronobiologiques importantes, si le sujet essaye de dormir d’avantage.
      Il est important d’arriver à bien distinguer la différence entre la sensation de fatigue et la sensation de somnolence.
      Voir l’article du site :"Fatigue ou somnolence ?".
      Le sujet insomniaque, par exemple, est souvent plus fatigué que somnolent, et la pratique de la sieste dans ce contexte ne peut qu’aggraver l’insomnie.


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  • Le sommeil est-il EMPÊCHÉ ? Le sommeil est-il empêché par une maladie extérieure nuisible à son efficacité ?

    • - La présence de perturbations respiratoires éventuellement responsables d’un fractionnement du sommeil se dépiste par l’enregistrement polygraphique ou polysomnographique du sommeil. qui met en évidence trois types de troubles respiratoires :

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      • Le ronflement simple :
        Le passage de l’air au niveau de la gorge, lors des efforts inspiratoires, crée des turbulences responsables d’un bruit très gênant pour l’entourage mais qui ne constitue pas une maladie.
      • Le ronflement pathologique survient si le diamètre du pharynx diminue. La résistance à l’air augmente et le dormeur doit augmenter ses efforts inspiratoires, ce qui augmente encore plus les turbulences.

        Ces efforts respiratoires anormaux au cours de la nuit peuvent aboutir à un tableau de somnolence et de prise de poids. L’enregistrement polysomnographique avec sonde œsophagienne permet parfois d’établir le diagnostic d’un syndrome d’augmentation des résistances des voies aériennes supérieures.(SARVAS).

      • L’apnée du sommeil est un arrêt plus ou moins complet de la ventilation. Le syndrome d’apnée du sommeil est défini depuis 1976. Il regroupe des signes de ronflement pathologique et des signes de somnolence diurne excessive. Cette maladie est un facteur de risque important de maladies cardiovasculaires et métaboliques.
        Parfois, le malade prend conscience de sa maladie à l’occasion d’un accident de la circulation (ou du travail) directement imputable à la somnolence.
    • - En dehors de ces perturbations respiratoires, l’examen clinique et un bilan biologique standard permettent de dépister les causes médicales évidentes :
      • Insuffisance thyroïdienne
      • Hépatites (virales ou non)
      • Maladie du sommeil africaine (une parasitose transmise par la mouche TséTsé), la Trypanosomiase)
      • Une autre affection générale (fièvre, douleur ...),
      • Une maladie neurologique dégénérative (Alzheimer, Parkinson) ou Traumatique),
      • Une maladie psychiatrique (Cf."Dépistage de la dépression" et des "Troubles phobiques"
      • Une toxicomanie alcoolisme, psychotropes, morphiniques ... ... ) .
      • Nb. Le reflux gastro-œsophagien (Rgo) fait classiquement partie des causes extrinsèques de troubles du sommeil. Il faut y penser devant une somnolence liée à des malaises nocturnes à type d’acidité ou de brûlures dans la gorge parfois associées à des quintes de toux nocturnes.

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  • Le besoin de sommeil est-il EXCESSIF ?

      Le besoin de sommeil est-il excessif ? ( "naturellement" supérieur à la normale).

    • Ici, on ne retrouve aucune cause lésionnelle mais le besoin de sommeil s’apparente véritablement à un handicap social qui est confirmé au cours d’une nuit d’enregistrement suivie de 5 siestes dans la journée. On porte le diagnostic d’hypersomnie idiopathique, si l’architecture du sommeil de sieste ne présente pas d’anomalies.
    • Certaines dépressions nerveuses peuvent se manifester par une réaction d’hypersomnie.
      L’expression "se réfugier dans son sommeil" évoque cette tendance à rechercher l’oubli dans le monde ambigu de la "petite mort". (Hypnos est le frère de Thanathos, Cf. mythologie).
      Cette forme d’hypersomnie comportementale (souvent majorée par du temps allongé sans dormir : la "clinophilie") se caractérise par un contexte de perturbations psychologiques importantes (tristesse et découragement).
      Les médicaments stimulants sont inefficaces et parfois aggravants.
      Dans la classification Française (éditée par l’association des psychiatres Amériquains : le DSMIV ), ce type de tableau est considéré comme en faveur d’une dépression.
      Selon nous, un certain nombre de ces malades souffrent primitivement d’un sommeil inefficace. Cf "Syndrome de Fatigue Chronique"
      Dans un premier temps, la sensation de fatigue (qui précède) entraine un comportement "clinophilique" malheureusement très contre performant.
      Bien souvent, cette phase d’hypersomnie apparente conduit à une insomnie par augmentation du temps consacré au sommeil.(Cf "Insomnie : Vouloir Dormir")
      Il y a alors conjonction d’une sensation de fatigue intense et de la frustration à ne plus parvenir à dormir.
      Certains comportements compensateurs sur le "Sablier" conduisent à une désynchronisation de "l’Horloge interne" et effondrent la pression de sommeil nocturne.
      Le sujet consulte au stade où il est "convaincu qu’il doit arriver à dormir pour récupérer" et la prescription de somnifère exerce alors un effet désastreux. (Cf "Savoir Dormir")
    • Gros Dormeur congénital ?©1999-2007 par FRANQUIN (JPG) La somnolence excessive affecte plus volontiers les sujets qui appartiennent au groupe des "gros dormeurs" et qui ont des difficultés à vivre au rythme des autres.
      L’interrogatoire montre que cette caractéristique somnologique est présente dès le tout jeune âge. Le sujet rapporte des anecdotes de "très bon dormeur", de "marmotte" car il s’endort dès que l’occasion s’en présente.
      Il existe la notion que, bébé, il faisait ses nuits très tôt.

      Ce type de dormeur va adapter sa vie sociale et professionnelle à son besoin de sommeil. Cela ne l’empêche pas pour autant de réussir (Cf. Le livre de Carl Honoré "In Praise of Slowness, (un éloge de la lenteur) ou le personnage de bande déssinées Gaston Lagaffe par André Franquin ...).
      Ici, le risque d’accident est moindre (qu’en cas de privation aiguë) car le sujet gros dormeur connaît et contrôle souvent assez bien son degré de somnolence. NB Le jeune adulte en privation de sommeil, sera beaucoup plus en danger, à l’heure ou il sortira d’une discothèque. Il n’aura pas conscience du risque de somnolence brutale auquel il s’expose du fait de la pression de l’horloge et le risque d’endormissement involontaire est très important. (L’alcool ne joue ici qu’un rôle agravant)
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      Un signal de somnolence chez tous les mammifères

      NB. Les sujets qui sont capables de s’endormir "n’importe où et n’importe quand" souffrent en réalité souvent de somnolence diurne excessive (SDE), mais contrairement à ces jeunes gens qui sont en dangers au sortir d’une soirée très tardive, ils la contrôlent assez bien et n’ont pas souvent d’accidents.


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  • Le sommeil est-il DÉGRADÉ ? Le besoin de sommeil est supérieur à la normale à cause d’une maladie intrinsèque ?.

    Ici la somnolence se confirme objectivement par l’enregistrement du délai d’endormissement au cours de tentatives de siestes répétées toutes les deux heures. ("TILE" : tests itératifs de latence d’endormissement).

    • La présence d’endormissements anormaux (directement en sommeil paradoxal) au cours de la sieste est très évocateur d’une maladie de Gélineau ou narcolepsie (avec ou sans cataplexie)
      Le sujet souffre de chutes (accès cataplectiques), de somnolence et de perturbations du sommeil.

      NB. Le diagnostic de narcolepsie sans cataplexie est porté lorsque le dosage du liquide cérébral montre un taux d’orexine effondré ce qui témoigne de la destruction (immunologique) des cellules impliquées dans la régulation veille-sommeil. (En pratique, l’observation au cours d’un TILE, d’endormissement en sommeil paradoxal dès le début des siestes est suffisant pour poser ce diagnostic).

      L’utilisation de "montages" particuliers avec des capteurs (Eeg ou Emg) spécifiques ou la possibilité d’enregistrement vidéo (infra rouges) est nécessaire pour établir certains autres diagnostics :
    • Impatiences et mouvements périodiques des membres,
    • Épilepsies nocturnes voir en lien externe : ("Épilepsie et sommeil : des interactions réciproques" ; Dr Arielle Crespel, Dr Philippe Gélisse, Pr Michel Baldy‐Moulinier).
    • Troubles du comportement en sommeil paradoxal,
    • Somnambulisme et autres parasomnies

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Au total


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Pour les 40 prochaines années

- Les principales causes de somnolence diurne excessive sont facile à mettre en évidence.
Il faut savoir les dépister systématiquement par l’interrogatoire (suivez les liens) :


- Seul un enregistrement polysomnographique du sommeil permet de diagnostiquer les pathologies plus frustes ou plus complexes (PLM, SARVAS, hypersomnie, épilepsie, narcolepsie etc...)

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Merci  à  Karine Roumache et Victoire Bancelin Selinsky pour les traductions